ÉCUEILS et FRACAS
Pourquoi c’est comme ça ?
Lisez la suite : de 2025 à 20…
Janvier 2025
Où est la différence ?
Mesurer reporter tracer
Dessiner découper colorier
Sont les gestes d’un artiste
D’un bricoleur d’un artisan.
Évaluer enfermer déporter
Gérer compter traquer
Sont les gestes appliqués
Des doigts des comptables
Un matin ils n’auront plus de doigts
A se mettre sous la dent aux foies
Trop gras jusqu’à leur crépuscule
Car avec les amoureux tout bascule
Au matin d’un autre monde.
Février 2025
J’ai tant rêvé
J’ai tant rêvé de toi
Que mon cerveau est devenu
Petit pois Je sais pourquoi
J’entends tant de bruits tus
Je préfère maintenant le silence
Des prunes des pâles-pitances
Les cendres dessinent chaque jour
Les squelettes de mes amis
Traitres à leurs parcours
Alors je veille sans bougies
J’efface leurs dernières traces
Je m’endors loin des œillets
Mon cœur ne frappe à aucune porte
Les sonneries modernes sont mortes
Seul le tocsin prépare mon lendemain
Bientôt il n’y aura plus rien c’est certain
Alors je convoquerai mes souvenirs
Mes sales souvenirs avec toi dans un soupir
J’ai tant rêvé de toi
Je t’ai écrit tu te fais coite
Alors je glisse dans ma ouate
Si familière c’est ce que j’écris
Je préfère le silence au cri
Et je pense aux rides des proscrits.
Août 2025
Là-bas ici où là
Une rue n’est qu’une rue
Étroite ou courte elle est rue
Un couloir de mines
Là en-bas silencieuses
Et là un magnolia un cèdre bleu
Deux habitudes aussi
Comme les tumultes intérieurs
Tour paraît ordinaire.
Là-bas ici ailleurs
Une langue tornade
L’organe des polyptotes
Éructe des haines
Sans vers ni rimes
Je m’éloigne de ses abordages
Des contempteurs perroquets
Aux cerveaux sans pages
Aux masques déjetés en rictus
Grégaires l’arme au poing
Tout paraît fou.
Chaque matin les mêmes gestes
Chaque jour La même journée
Repasse au fer le temps des plis
Et au lendemain remettre l’habit
Sous ma semelle gît le goût
D’une voix sans paroles qui vaillent
Une fatigue un dégoût
Je regarde par la fenêtre
Je mêle aux dits
Ma musique silencieuse
Je les recouvre
Et me laisse aller
Aux coûts des après-coups
Tout paraît normal.
Là-bas un attroupement d’affamés
Fauchés pour avoir tenté de manger
Tout est fou !
Août 2025
Ce n’est pas rien
Mourir d’un coup n’est rien
En vie mourir sous des décombres
Quel supplice dans leurs ombres !
Et les assassins font de la lumière leur bien.
Par milliers on les nomme les morts
Alors leurs noms colorent le corps
D’une trame de vert rouge et noir
Une broderie pour ne pas choir.
Enfin des noms en Majuscule une liste
Créée en relief par des Internationalistes
Par dizaines des aiguilles et des mains
Tissent les fils colorés des Palestiniens.
Ce n’est pas rien de mourir au nom d’un Dieu
Ils ont Yahvé et des fascistes tout un camaïeu
Tout un peuple jeté dans la haine et la cruauté
Ce n’est pas rien de résister en couleurs sacrées.
Ils étaient vingt et cent ils étaient des milliers
Ils s’appelaient Brahim Satim Lina Musa Issam
Mohammed Raed Amjad Nader Sabah Bassam
Onze d’une famille de trente-huit âmes assassinées.
Août 2025
C’était hier
Depuis que tu es partie
Tes plis m’effleurent
Encore
Verticaux
Horizontaux
Éclos.
Et c’est demain
Dans le tumulte de la ville
Je ne vois rien
Je ne vois plus
Que toi.
Août 2025
À Philippe B.
A mon pote âgé
Fatigué, je suis dans le potage ;
Égaré sous l’orage, j’ai pris la sauce :
Toute une cuisine pour ce soir,
Ou cette nuit au cours de l’ennui,
Qui chaque an nuit à la jeunesse,
Le jeûne de la vieillesse.
Il y a toujours
Quelque part
Quelques légumes.
Août 2025
Il faut payer !
En tout
Jusqu’au bout
Jusqu’à la lie
Sans empathie
Debout
Avec atouts
Ou à terre
Il faut se taire
Se voir parfois
Pour des miettes
Dans l’assiette
Des émois
Et des silences
L’instance
Des pénitences
Une présence
De mort
Comme mors
En bouche
Une couche
Jusqu’au bout
A bout
De tout
Sans toi
Sans vous
Sans nous.
Septembre 2025
C’est quoi l’amour ?
C’est quand l’un dit
« Je t’aime »
Quand l’autre répond
« Moi aussi »
Sans rien de plus ;
C’est quand l’un dit
« Je t’aime »
Quand l’autre questionne
« Comment m’aimes-tu ? »
C’est quand l’un répond
Un sourire entendu
« Tu sais bien »
Qui ne dit rien.
C’est quoi l’amour ?
Non, c’est quand
On n’a rien à en dire.
Aussi bien
Ne sais-je rien
De ton amour.
Septembre 2025
De jour de nuit
Le jour C la nuit
Dormir
Le Jour
Ne pas dormir
La nuit
C’est chiant
Pas de pot
Je dors seul
La nuit
Me lève seul
Le jour
Non pas seul
Avec moi-même
De jour
Comme
De nuit
Un jour de
Nuit
Je suis tombé
Du lit
J’ai roulé boulé
Je ne me suis pas relevé
De la nuit
Comme du jour
La nuit C le jour
Je vais je viens
Aux rythmes
Des démangeaisons
De la nuit
Et du jour.
Septembre 2026
Séquences italiennes
Un
Mot
Deux pieds
Vers un vers
Un pentasyllabe
Et c’est parti pour une suite.
***
Un
Jour
Viendra
Sans couleur
Du fonds d’un puits sourd
Un cri qui dira C’est trop tard !
Un cri muet aux restants largués sans fard un dard.
Ce
Jour
Viendra
Des sans voix.
***
Un
Deux
Amours
Trois amours
Un jour une nuit
Au présent sont sans avenir
Mais sans ces plaisirs comment devenir amoureux ?
***
Je
Hais
Les coups
Aux coûts tôt
Je fais les trottoirs
Je rêve de filles le soir
Accueillantes aux cous doux de tendres reposoirs.
***
A
Fleur
De peau
En bouquets
De vives couleurs
Aux anonymes aux victimes
A fleur de rivières de sang heures de souffrances
Un
Deux
Vingt cent
Pour Gaza
Et plus des millions
Et pourtant en tout impuissants
Un profond mystère qui redouble les horreurs.
***
Il
Pleut
Il naît
Il fait beau
Grandit chez les ils
Et perdurent les sales temps
Pluie neige chaleur les enfants jouent par tous les temps.
***
Si…
Gare… !
Deux mots
Un futur
Déjà au présent
Un million d’hectares cramés
En Europe droites et Capital vont au mieux
La Terre fumeuse devient de taffe en taffe leur fumoir un dépotoir
Et
Ça
Palpe
Le pognon
Dans les hôpitaux
Chez les enfants c’est avéré
Les perturbateurs endocriniens font leur office
Pour les enfants des pièces jaunes des clowns et des nounours pour les oursons nada.
Octobre 2025
Déposé
J’écris d’un œil
le cadavre d’un deuil
à la larme sans eau
au bord d’un marigot,
Que reste-t-il de ce qui reste
des corps allant sans marée ?
Le murmure écorché
de beaux poètes en peine
aux âmes rougies à la sienne ?
Ils créent la grève de la mort,
comme l’enfant jouant
ignorant ce qu’il apprend.
De leurs bouches les amours
déjà grisonnent jamais à jour,
Leurs mémoires est un miracle
dans les miasmes d’un passé
où l’enfance n’est consacrée
que par les illusions des oracles,
Les mots sont de cendres
J’écris d’un œil pleurant
les images enfin tendres
partant d’un deuil souriant.

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