DES FEMMES ET L’AMOUR

À aucune, à toutes Elles,

L’amour au quotidien


Au fil de mes écrits, un même titre revient, non par hasard, mais par nécessité : À aucune, à toutes Ellesl’amour au quotidien. Chaque poème qui le reprend n’est ni une répétition ni une réécriture, mais une variation, une manière nouvelle de dire, à un moment, ce qui ne pouvait pas être formulé autrement à un autre, comme une ondulation subtile d’un corps en suspens. Ces poèmes s’adressent à la femme singulière autant qu’au féminin pluriel où l’amour instable est un point de gravité constant de la vie de tous les jours, illustrant en partie mon Essai Le Mentir-vrai.

La femme est l’avenir de l’homme
 
Le poète a toujours raison, qui voit plus haut que l’horizon
Et le futur est son royaume
Face à notre génération, je déclare avec Aragon
La femme est l’avenir de l’homme
 
Entre l’ancien et le nouveau, votre lutte à tous les niveaux
De la nôtre est indivisible
Dans les hommes qui font les lois, si les uns chantent par ma voix
D’autres décrètent par la bible
 
Le poète a toujours raison, qui détruit l’ancienne oraison
L’image d’Eve et de la pomme
Face aux vieilles malédictions, je déclare avec Aragon
La femme est l’avenir de l’homme
 
Pour accoucher sans la souffrance, pour le contrôle des naissances
Il a fallu des millénaires
Si nous sortons du moyen âge, vos siècles d’infini servage
Pèsent encor lourd sur la terre
 
Le poète a toujours raison, qui annonce la floraison
D’autres amours en son royaume
Remet à l’endroit la chanson et déclare avec Aragon
La femme est l’avenir de l’homme
 
Il faudra réapprendre à vivre, ensemble écrire un nouveau livre
Redécouvrir tous les possibles
Chaque chose enfin partagée, tout dans le couple va changer
D’une manière irréversible
 
Le poète a toujours raison, qui voit plus haut que l’horizon
Et le futur est son royaume
Face aux autres générations, je déclare avec Aragon
La femme est l’avenir de l’homme.

Jean Ferrat

Janvier 2015

A aucune, à toutes Elles

L’amour au quotidien


I – À la tienne !

Je me suis caressé
Sans toi quelle tristesse
Dans ta bouche quel amour
Avec ma bouche sur ton sexe
Je ne suis plus ton ex quelle joie
Sans ta joie dans ta bouche

Il n’y avait qu’une solution
Sans sieste éveillés à l’amour
Faire l’amour tu t’y engageais
Avec nos bouches
Je doute de la tienne
Avec la mienne pour ton plaisir
Vers l’orgasme un jour viendra

Je ne vois qu’une solution
Faire l’amour avec nos bouches
Nous donner d’amoureux baisers
Ne plus jamais s’écrire Juste
Se dire je veux te voir
Prendre rendez-vous
Nous promener peindre
En musique nous contenter
Avec ou sans amour

Je m’engage à ne plus t’entretenir
De mon amour ou sur l’amour
Je t’aimerai j’écrirai des poèmes
Une immense concession
C’est ma dernière proposition

Si tu acceptes ce poème
Qui n’est pas une lettre
Confirme-moi l’exercice
De ta bouche
De la mienne tu n’as
Nul besoin d’une confirmation.

Avril 2016

A aucune, à toutes Elles

L’amour au quotidien


II – L’amour à dire

Tu dis vouloir me quitter
Mais tu me gardes
C’est que tu m’aimes

Quand tu m’écris
« Tu me manques
Je veux te voir »
Tu m’aimes encore

Quand nous faisons l’amour
C’est que tu m’aimes
Mais tu me dis ne pas savoir
Si tu m’aimes
Moi je te dis et j’écris
Je t’aime

« Merci c’est un joli poème
Il déborde d’amour
Que du bonheur ! »
C’est que tu m’aimes
« Les mots viendront
Au bon moment
A deux nous l’espérons. »

« Je t’aime » à mon oreille
Sera aveu de feu à mon réveil
« Les mots viendront »
Sous l’édredon
« Au bon moment »
Amoureusement

Je n’espère pas
Car ton amour est là
Je dis j’écris t’aimer
Ma belle attente
Est que tu entendes
Ton amour à déclarer

« J’entends tout mon poète
Tout ce qui chante à mon oreille
Et qui pénètre mon cœur. »
C’est que tu m’aimes

Je t’écris tu te nourris
Mais tu t’abstiens tu m’éteins.

Avril 2016

A aucune, à toutes Elles

L’amour au quotidien


III – L’amour à faire

Un petit coucou au matin tôt une suave
Odeur de croissant chaud un café et voilà
Tu écris avoir trainé au lit sans entrave
Pour une nuit avec moi tu me donneras le la

« J’aime te savoir en bonne forme
Tu dansais sur des voix du jazz
Libre et souple comme un jeune homme. »
Quand je lis un message si doux si gentil
J’ai envie de te prendre dans mes bras Danser
Pour te plaire ensemble nous amuser j’en ris
Me glisser sur ton corps
Pour voir entendre encore
Tes soupirs de plaisirs
Revivre mes émois
De la dernière fois

« Écouter du jazz nous amuser
Rire être joyeux oui j’adore. »
Tu omets faire l’amour oui à tout cela
Pourtant une seule et même chose est l’amour
De la musique de nos corps Un jour viendra
Où tu prononceras l’amour à faire sans détour

Alors pour dire je t’aime tu me conduiras
Avec ces mots-là « Faisons l’amour »
De ta main vers le mystère tu verseras
Nos corps mêlés au rose de tes joues en retour

Tu partageras tes plaisirs avec moi pour toi
Les miens avec toi pour nous Oui ce jour viendra
D’une longue pelure d’orange sans âge je te vois
Colorer tes images de nuances tu sauras

D’amour moiré t’inspirer de rester avec moi
Sans te diminuer aller au plus loin de toi
« Encore une lettre bien écrite tu me gâtes »
Je me gâte de t’aimer te garder est ma hâte

A la toute fin de ce poème
L’amour à dire faire est encore sans toi.

Mai 2016

A aucune, à toutes Elles

L’amour au quotidien


IV – L’amour tout court

Je prends le soleil au balcon
Modeste orienté à l’ouest
Je rêve une autre compagnie
Un zest de papotage est ton fond
Le soir une soupe
Tu parles de faire
Un tour dans ton frigo
Si je t’y trouve comme fer
J‘aurais plaisir à
Te remettre au chaud

Je tourne en rond
Sans attention
« Comme un chat cherchant
Une confortable chaleur. »
J’attends de ronronner
De plaisirs Demain
Semble une éternité

Notre journée fut formidable
De bonheur de cadeaux
De plaisirs Tout contre
Ton corps en valeur
Jouir de toi
Quelle émotion !
Dans ta bouche
Une première fois pour toi
Pour moi dans ta couche
L’acmé de ton amour

Tu ne fais pas de politique
Ta pensée va sans critique
Je veux philosopher
Tu me regardes sans sourciller
Un tic sans nets tickets

Qu’importe puisque
« La beauté des lieux
La douceur de l’air
La gentillesse du marchand »
Au cours de la balade
Dans ta bouche cette langue
Persistante trop courte.

Décembre 2016

A aucune, à toutes Elles

L’amour au quotidien


V – À mes petites amoureuses

Vous m’écriviez des lettres d’amour pétillantes
Depuis chez vous face à vos ordinateurs seules
Des certitudes des promesses rassurantes
Ou des silences sans être bégueules
Dans les vents de l’Amour enchanté

Vous décliniez de doux Amours imaginaires
Sans savoir que l’écriture est un air
Qui fait vibrer le courant d’eau de mes désirs
Sans savoir que l’écriture de l’amour engage
Que ses pages sont littéraires c’est son réel
Qui dit peu de son avenir de son autre
Réel à vivre concret son sel

Vous lisant je crois tout sans rien croire
L’Amour grand-A est le miroir
De rêveries désespérantes vos servantes
Quand vous « cherchez attendez » il vous hante
Verbes éternels de l’Amour qui visent l’autre
Quand l’amour petit-a est à trouver en vous
Pour ce qu’il est comme il est en effets* le vôtre
De fait en toute cause un brin au fond d’un trou

Je vous ai lues observées je vous ai perçues
L’Amour écrit n’est pas à dire Le « petit a »
Est bien en cage il faut le taire tout est foutu
Vous cherchiez sans trouver échouées à bas
L’Amour prend tout votre amour sans atouts
Tandis que l’amour est création sans écrou
Heureux ou malheureux il bat comme paupières

Vrai ou faux sincère ou pas il faut le visiter
Au dedans de soi Pris l’offrir
Pour le valoriser ne plus le refouler
Vaincre par cette voie jusqu’à la joie

Je vous confiais des mots d’amour 
Des comment des en quoi en vain
Vous souriiez la bouche ouverte
A mes questions vous blanchissiez
Vous me pensiez acquis sans découvertes

Tu cherchais une épaule une étrange présence
Toi sans curiosité « Un homme à la maison »
« Mais si je t’aime » un agacement une sentence
« Tu vas trop vite attends-moi » mataient la raison
Tu ris à l’arraché tu dis « T’es mon poète »
 Décliner « Je t’aime » ? Oh non quiète tu te répètes
Tu crois à l’Amour comme on croit à un prophète
L’amour heureux ou malheureux est obsolète

Alors on fait l’amour pour vivre notre amour
Faire l’amour oui en parler non ça te gâche
Le corps repu tait un dialogue qui le cache
S’éviter absolument c’est ça l’Amour

Je vois l’impasse un impossible une fin
L’Amour est impuissant sans l’exercice d’aimer
Faire vivre « Je t’aime » est en amour ou ce n’est rien
Le mot Amour n’aime pas
Seuls des êtres aspirants le peuvent
Alors côte à côte nous avons coexisté
Dans la vie quotidienne de fades anecdotes
Sans création dans l’ennui Je vous ai quittées
Ahuries ou en pleurs c’était là votre dote

Ah écrire des mots d’Amour sans engagement
Il faut bien mourir un jour mourir d’A-amour.

Novembre 2017

A aucune, à toutes Elles

L’amour au quotidien


VI – Tout est amour

« Bonjour mon amour, j’ai bien dormi et j’apprécie ta lettre. Je vais t’aimer, je vais prendre tout l’amour dont tu débordes avec joie. Le soleil de ce matin me remplit d’une bouffée d’optimisme. Bon réveil mon chéri, j’ai hâte de te voir. Des baisers joyeux et ensoleillés. »

Ta lettre est pleine d’énergie de promesses à tenir
Elle est agréable dans mes mains de si bon matin
Ton amour est d’écriture timide en paroles en actes
Car vois-tu aimer et être aimé est une même chose
Quand l’amour est partagé à peu près à même dose
Toujours quand je t’écris j’ai envie de toi quand je te vois

Bien sûr à petits pas bras d’sus bras d‘sous main dans la main
Nous nous promenons Voir un bébé son père morgane
Des jets d’eau des bouillons des fleurs de mûrs platanes
Parler de ces scènes est amour au bord d’un canal
Tout comme faire l’amour est amour je le maintiens
Mon désir d’amour de goûter tes seins
Ton sexe si doux est amour sans distinction
Jouir de tes lèvres est amour aussi
Une complicité tant de fois refusée

Comme s’arrêter chez un fleuriste souriant
Choisir pivoine et muguet est plaisir
Plus encore à nous le dire est amour cueillant
Te lire écrire me font ressentir l’envie de toi
Pour que l’amour perdure à être dit et fait

« Oui mon amour nous avons réussi notre journée. Ce mot-là me réjouis comme une danse de bonheur, c’est si bien d’être ensemble. J’en ai oublié tous les tracas de la vie quotidienne. Je vais m’endormir en sentant encore tes mains caressantes sur moi. Déguster des gâteaux, se régaler ensemble ! La beauté des lieux, la douceur de l’air, le parfum délicieux du muguet, la gentillesse du marchand. Et la suite jusqu’à la danse au Grand-Palais. Puis te savonner, constater ton plaisir grandissant et toute la suite. Dans l’amour et la simplicité. Que d’émotions ! Je crois que je vais bien dormir. Des baisers doux et sensuels. Ton aimante. »

Avec l’image d’un rêve assommant je me suis levé
Tu portais un saxophone pour jouer un morceau de jazz
Tu soufflais sans un son Pour le mouiller ai-je demandé ?
Tout contre ton sein baisé tu me regardais figée
Par mon interprétation Le saxophone ne jouait pas
La partition d’un corps de femme que je désirais
Sans ton humidité jouir avec toi est sans composition

J’ai découvert ton corps tiède je l’ai aimé
Je t’ai écrit faire l’amour n’est pas inné
En ta compagnie je ne pariais pas sur la durée
Repu tu as entendu mes plaisirs de ton corps
Vécu le mien de tes douces mains sans assez de maintien
En câlin dans mes bras tu n’as rien dit des tiens

J’aurais aimé écouter la langue de tes sensations
Caresser ton dos tes cuisses tes fesses peaux délaissées
Passer le tranchant d’une main dans leur fente effleurée
Car j’ai su par ma bouche que tes plaisirs s’en sont allés
Tu m’as confié à l’arraché n’avoir jamais connu l’orgasme
Tes écrits ton silence en face à face forment ton marasme.

Octobre 2018

A aucune, à toutes Elles

L’amour au quotidien


VII – « Tu me mets mal à l’aise »

« Mon livreur va arriver alors je te répondrais plus tard. La Kiné m’a fait bouger c’est douloureux. J’ai regardé les infos le monde et les bombes lacrymogènes ne m’ont pas réveillée. Enfin vers 18 h j’ai repris un peu d’activité, mis en route une lessive, étendu le linge, et préparé des légumes à la vapeur. La commande de mon téléviseur a déconnecté. Il y a quand même une bonne nouvelle : le muguet a retrouvé sa vitalité. J’ai fait une commande sur Monoprix. C’est le moment où je me sens un peu seule. J’ai encore fait des trucs pas amusants : appeler mon contact pour savoir si j’aurai une femme de ménage demain. Répondre à ma voisine venue prendre des nouvelles de la fuite, appeler ma propriétaire, qui m’a envoyé un plombier, pour lui dire qu’il n’a jamais pris contact. J’ai regardé une émission sur la 5 « Des trains pas comme les autres ». Pense à moi si le cœur t’en dis. Moi je pense à toi. Et même tu me manques. Voilà je te laisse pour ce soir. 

Réveillé levé à trois heures quinze
Mes nuits sont de jour par trop de rêves éveillés
« Même » me rassure je me recouche

« Dors bien mon amour, les artistes n’ont pas d’horaire pour la création.

Oui pas d’horaire surtout quand les heures passent pressées
Par des inspirations des poèmes sans écho de toi frustrés

« Pivoine et muguet des bons compagnons. »

Tu m’envoies deux photos ton écot ?
J’ose imaginer le jour où tu t’ouvriras
Comme pivoine à mon désir d’amour complice
A te lire t’écrire j’ai envie de toi Par là
Bientôt j’effleurerai ta fleur en lice
Pour entendre mes caresses si tu les aimes
Aime-toi de tous mes amours fais baptême
Je reconnais tes pas vers moi exprime-toi
Et davantage je t’aimerai en poèmes
On s’aimera le voudras-tu dépaysée ?

« Bien reçu ta magnifique écriture, merci. C’est une belle lettre. Bien sûr je veux ! »

Comment as-tu aimé mon poème
Pour TOUT ce que j’y fête j’en tremble ?

« Tu sais bien que je n’aime pas écrire ce que je ressens ! Je parle mieux oralement. J’ai déjà répondu sur ton poème. Si tu insistes tu me rends mal à l’aise. »

Je connais cette antienne qui fait ta vieille dégaine
Par écrit ou par ta bouche une même laine
Je ne questionne plus tes sentiments tes émotions
D’où ma question ouverte sur un accord un désaccord
Non pas sur l’expression de tes réelles sensations
Un écho aurait suffi Si tu lisais ton corps
Mes lettres et mes poèmes pour eux-mêmes
 Mais tu les corromps avec à ce que tu es* en tête
De réponse je ne vois pas à peine une miette

Tu es mal à l’aise par ignorance de l’amour
A rendre ce qu’il requiert un don 
Au minimum un écho une ponctuation
Tu trouves prétextes dans ta quotidienneté
Pour l’exclure vite de tes écrits de ta bouche
Devant un gâteau un café au lit immérités
Huitre tu te fermes tu t’enfermes dans tes fuites
Contre mes lettres mes désirs mes raisons sans suites
« Ton poème m’a plu » je ne sais pas en quoi
Tu écris des messages sans contenus.

Avril 2019

A aucune, à toutes Elles

L’amour au quotidien


VIII – Mourir d’A-amour

Tu m’écris des mots d’amour tu ne les dis pas
Mais tu cuisines une soupe pour notre dîner
Ta résistance est d’acier je l’ai éprouvée
Le bol fêlé de mon enfance est cassé

Tu gardes un secret que tu me révèleras
Au présent de tes petits cailloux tes amours
Après ta somnolence au réveil au pourtour
Des gourmandises que tu me choisiras

J’aime parsemer nos journées de courtes lettres
Elles égrènent mon temps le temps d’un reste d’être
J’aurais la pêche si tu me pêches…
Je te lie au lierre de mon amour…
Avec tout ce que je te balance
Vers moi tu t’élances…
Des baisers du bout de tes doigts…
Une plume de bleus par une journée pluvieuse
Au vent mes réponses dans tes lettres silencieuses

Je me repose en travaillant – « Original »
Aussi je ne lis pas « A tête reposée »
Mais à tête travailleuse sans me fatiguer
De fil en fil sans aiguilles j’écris sans mal

Je manque de tout de tout ce que contient l’amour
Un amour qui ne te rend pas très amoureuse
Tu m’envoies une image citronnée nerveuse
Accompagnée de ton visage au teint de four

D’un amour tout de même tu écris « Prends-moi ! »
Je te porterai au temps* que tu cèderas
Les choses lourdes de ta vie au cœur qui bat
A l’avenir ourlé de plaisirs figure-toi

« Mon gentil chevalier promis » pour me nommer
La « belle aventure » une galère la vieillesse
Et trop peu d’amour Pour lui trop de fades liesses
En fin une longue sieste pour me reposer.

Octobre 2020

A aucune, à toutes Elles

L’amour au quotidien


IX – L’amour en suspension

« Des nouvelles de ma femme de ménage, elle vient demain. Je dois 400 euros peut-être davantage à la sécurité sociale, j’ai fait des démarches pour comprendre, cela m’a empêché d’être proche de toi. Je n’ai pas pu répondre à ta lettre, je comprends que cela t’a déçu et j’en suis désolée, j’espère que tu comprendras. Ton poème m’a plu, il nous raconte nos bons moments. Je pense à toi et à demain c’est ça l’important ! Heureuse de te voir »

Moi aussi je pense à toi heureux de te voir
Mon corps te dit : samedi hâte-toi tu le sais
De toi j’ai le désir ce besoin de le répéter en vain
Oui « C’est ça l’important » remettre à demain
C’est ainsi que tu instruis l’amour d’un rien

« Voilà Marissa est arrivée avec retard. La maison sera correcte quand tu viendras. Tu vois c’est l’attente qui me rend nerveuse mais ne t’inquiète pas, j’ai hâte de te voir, avec un bon sommeil tout ira bien. Que te dire d’autre ! Que tu me manques, que j’aimerais avancer le plus possible avec toi, que je suis dans ta barque pour un bon moment j’espère. Que je m’y trouve bien bercée par le flot de nos pensées heureuses »

Ne me dit plus « Je ne sais pas écrire »
Est-ce l’amour naissant qui te fait devenir ?
Si tu étais mon corps tu saurais ce qu’il ressent
Le désir violent de te posséder une pulsion
Non une violence pour ton appropriation
Mais pour me fondre dans chaque pore de tes peaux
Ne plus me ressembler trouver une nouvelle eau
Jouir à jamais au néant de ton éternité

Tu te vois dans ma barque embarquée
Après « Un bon sommeil » avec hâte tu l’espères
« Bercée par le flot de nos pensées heureuses »
 Et moi d’ouïr si peu tes airs de quelle « attente »
Par quelle voie Iras-tu à pied sec par rivière
Par tes velléités l’endroit de tes mots abstraits ?

Oui tu me manques mais c’est toi que tu manques
L’amour est pauvre quand il est riche du quotidien
En effet que dire d’autre
Je t’interdis « Nos » je ne suis pas toi dans tes eaux

« Ta lettre est belle. Tu exprimes quelque chose qui ressemble à de la passion. La passion de la création amoureuse ou poétique. Je rame dans ta barque et toi tu t’envoles dans les mots. De nous deux, il pourrait bien ressortir quelque chose d’intéressant. Nos deux énergies faisant une énergie créatrice plus puissante. Je brûle de te voir et de laisser nos imaginations se balader dans l’infini pour atteindre des sommets. Bref je délire un peu. Alors je reviens sur la terre, et là dans l’instant c’est Marissa qui bricole pour dépoussiérer mes objets. J’ai déjà compris beaucoup de toi à travers tes lettres. Nous avançons c sur »

J’ai découvert ton corps je l’ai aimé d’emblée
Nue je t’es* vue belle dans toute ta nudité
Tu préfères revenir « sur terre » là tu es « Je »
Quand je m’« envole » un mot bien à propos « intéressant »
J’ai vécu assurément que je n’en finirai pas
De faire l’amour entre tes cuisses un délice
Je ne sais rien de ce que tu imagines
Vis par quels plaisirs Tes lettres sont d’artifice

Mon désir de toi va à l’amour il est sans âge
C’est un mystère qu’importe puisque je le vis
Contre tes vents tes marées je tiens bon
Ton attente est sans caresses
Quand la mienne est de feu toi tu pinailles

« Bonjour mon cœur tout va bien ? Moi je t’attends et je vais bien. Je bricole en rêvassant en pensant à toi. »

Tout va bien j’attends de ne plus avoir à t’attendre
C’est fou comme te lire t’écrire activent mon désir
A chaque fois quelle surprise
Je rêvasse je pense à toi en poémant

« Est-ce que tu prendras un gâteau ? Miam ! »

Bien sûr c’est prévu une délicieuse habitude
Une mise en bouche pour d’autres régalades
Un cadeau bien en main en bouche si tu veux bien

« Bien sûr je veux bien, là je stoppe. »

Tu répètes « Je stoppe » ton mot d’arrêt ton code
Quand trop c’est trop Tu écris en sms « Je t’aime »
Trois mots inouïs un événement sorti de ta hotte
Nous convenons d’ouvrir une nouvelle boîte pour toi
Un jardin secret pour écrire tes amours tu l’assures
Tu apprendras à peindre les masques qui t’occupent
Je te prendrai câlin un baiser demain une date enfin.

Décembre 2021

A aucune, à toutes Elles

L’amour au quotidien


X – Renaissance

Tu t’ennuies
C’est prison
Tu te cuis
Sans raison

Va par monts
Sans démons
Écris-moi
Tes émois

Pense à moi
Panse-toi
Je demande
Tu commandes

J’attends
Quelques mots
Remontants
Loin les rots
Tes images
Font silence
Mes images
Sont de mots

Tu réponds
« Non plus tard »
C’est pétard
Sous mon front

Remettant
A demain
Un présent
Qui sera

Je te donne
Tu recules
Je questionne
Tu t’abstiens

Par ces vers
Persévère
Numérise
Je te mise

Sans amour
Je m’ennuie
J’en guéris
Sous l’abri

De la poésie
Ma Chérie.

Juin 2022

A aucune, à toutes Elles

L’amour au quotidien


XI – « Mon (amour) »

Écris-tu ta part « d’amour » pour une thèse « d’amour »
Une parenthèse pour un « amour » au présent
Quand soudain tu n’écris plus « mon futur amour » ?
Ainsi m’offres-tu la joie en t’autorisant

Après tes somnolences le réveil de l’amour
Tu m’écris en écoutant Mozart nul hasard
Je te lis et t’imagine Le cœur en tambour
Je contemple tes images les fruits de ton art

Je t’écris une énième fois mon envie de toi
Douce tu me réponds ne pas en être fâchée
Tu m’offres des baisers comme je les aime poser
J’aimerai ceux de tes plaisirs de tes emplois

Tu veux bien lire autant de fois mes mêmes mots
Les mêmes mots pour mon plaisir si c’est le tien
Vouloir de mon amour pour continuer le mien
Pour tes yeux me donner le tien piano-piano

Tes mots d’amour pour colorer tes créations
Goûter tes besoins d’amour en conversation
Je lis « Bonne nuit mon avenir plein d’amour »
Un joli tour une bousculade dans ton cours

Tu veux te répandre sur ton canapé
Aimer savoir que mon plaisir est là Écrire
Semer tes petits cailloux qui me font sourire
« Amour câlins plaisir tendresse sens éveillés »

Quand tu m’enlaces ainsi je ne m’en lasse pas
Je prends toutes tes gourmandises pour avenir
Repose-toi pense à moi tu me choisiras
Unis pour découvrir l’amour le soutenir

Les yeux fatigués à force de ne pas te voir.

Janvier 2023

À aucune à toutes Elles

L’amour au quotidien


XII – Les promesses

Tu vas tu renonces tu reviens
Tu te promènes dans les humeurs
De ton corps qui dit oui qui dit non
C’est ainsi que tu te fais connaître

Tu veux te donner chevaucher
Le vélo qui ne s’oublie pas
Mais tu as trop d’incertitudes
Raide tu évites la selle

Tu t’abstiens pour ne pas tricher
Je sais Je t’offre une poésie
Des ta fille un cadeau de fleurs
« Mon âge me fait réfléchir »

A la fuite du temps qui passe
Prendre un an de plus est banal
« Vivre au maximum sans regret »
Danser le jazz voir Picasso à la fenêtre

Tu voulais aller te promener
Faire un arrêt au square occupé
Goûter au jardin partagé
Puis chez toi pour te reposer

Tu as aimé cette journée
Le calme dans le petit square
Le plaisir la boulangerie
Une tasse de thé le lit

Surprise à me caresser
Retrouver dans mes bras des sens
Vieille que tu croyais perdus
« Un immense cadeau »

J’ai apprécié nous partager
Découvrir ton corps tes plaisirs
Voir le rose émoi sur tes joues
Enlacés dans un doux câlin


Le lundi tu t’es régalée
D’un chaud croissant anniversaire
D’un café et des souvenirs
D’un après-midi « magnifique »

Tu manges deux petites sardines
Un demi avocat une pomme
Tu fais une lessive tu flemmardes
Tu fais tes courses pour cuisiner
Des ailes de poulet au curry
A préparer dans une cocotte
Oh non je t’envoie une recette
Un dîner frugal Je travaille
A mes poèmes sur ta couche
L’amour me fait les yeux plus bleus
Voilà des vies bien ordinaires

Tu t’es assoupie sur le lit
Je lis j’écris au ralenti
Logique du poids des années
Il faut davantage travailler

Tu me vois « jeune » désirable
Gaie tu t’exclames « Résistons »
Vieux du bonheur nous méritons
Mais résister est fatiguant

Tu ris « Nous formons une équipe
De Ralentis très Dynamiques
Des Créatifs » que je préside
De ma seule unanimité

Nous blaguons une récréation
Est-ce qu’il fera beau ce weekend
Pour l’amour une promenade ?
Pour choisir nous improviserons

La pluie samedi ne me dit pas
Je choisis dimanche au soleil
Tu es ravie je suis en veine
D’idées je sens la rime les vers

Tu écris des messages d’envie
A qui ? Tu me réponds Engie
Je ris de ce franc calami
Tout gaze en électricité

Waouh as-tu envie d’un ange
En ces temps difficile ça change
Ce matin je ressens peu d’entrain
Demain tu me prendras par la main


Sur l’instant une idée me vient
A partir de nos lettres écrire
Une ébauche pour un poème
Sur notre amour le tien le mien

Hélas tu es loin
Chez les pingouins
Tes mots vont au quotidien
Au nord de mon désir
Las j’imagine
Le sud de mes amours.

Mai 2023

À aucune à toutes Elles

L’amour au quotidien


XIII – La fin du test-amant

« J’ai bien reçu et bien lu ta lettre. J’ai bien dormi, je vais bien. Journée tranquille et reconstituante avec musique douce. Baisers câlins Je te souhaite une bonne nuit bien méritée. A demain mon amour. Nous attaquerons la journée. Il va te falloir ton parapluie. »

Nous passerons une belle journée en amour
Je danserai sous la pluie me sècherai dans tes bras
Mes amours avec le tien au son de tes déclarations
Je corrige mes poèmes en collection

Puis vint demain aujourd’hui un gâteau à la main
Un baiser du bout de tes lèvres furtif
Tu projettes des broutilles Agressive
Tu t’échappes dans ta cuisine sans remise
Par un besoin de diriger pour m’éviter t’aimer
Ton refus de faire l’amour des baisers
Tu papotes tu me prends pour ton pote
Tu jardines ton jardin à le retourner ça dépote
Puis vinrent tes paroles sincères horribles de vaincue :

« Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Je t’aime, je t’aime, je t’aime ! C’est ridicule ! Pourquoi moi tu aurais pu en choisir une autre pour le sexe. »

Ta vérité surgit de ta nuit au jour toute nue
Exclamative tu te découvres plus de mousse
A Dieu les beaux mots dans le ciel de l’Amour grand-A
Que vivent les mensonges les masques
Oui il est ridicule de clamer « Je t’aime »
Un ridicule comme ce postillon « La vie est belle »
Allons aux champs cueillir fleurettes dans les herbes
Allongeons-nous le nez à terre aux pesticides

Par dizaines de lettres quelques poèmes Près de toi
J’ai tenu ta main la désirais je t’entretenais
D’amour-sexualité jamais de « Sexe » c’est là ton mot
Répété celui d’une « Vie de femme que je n’ai pas vécue »
Tu crains le sexe ta croyance inaperçue
Sans expérience tu le confonds avec l’amour
Alors soyons franco de porcs Le sexe
C’est l’organe au mieux la viande au pire le porno
Comme tes Autres tu attends recherches l’amour
Mais agacée tu jettes mes lettres-poèmes tu vas dodo

Voilà l’affaire depuis longtemps écrite l’année dernière
Ému par cette confidence je proposais
Un autre chemin une charnière
L’amour est chose complexe je m’épanchais
Mais délaissé sans échos la vision d’écrire à une absente
A lire tes lettres détachées des mienne sans reprises
Je pense à cette histoire de caviar et de cochon
Pauvre bête convoquée pour dire le gâchis
Quant à lui donner au groin il s’en régalerait

Je n’aime pas l’amour mesquin les plaisirs non dits
Qui dit l’amour impossible son ordinaire quotidien
Par un triste mai je songe à mes rouges amours
Je presse l‘éponge des catastrophes de l’Amour
Sans faim ni fin je panse* j’écris au ciel le majeur
En vain sur le divan travaillés car pour aimer bien
Il faut être deux relire les poètes mes liens

Je quitte ton temps de cerveau indisponible à l’amour
Cette barbarie qui fait de lui une marchandise
J’écris fin en mode mineur adieu les gourmandises
La fête les floraisons comme au désert après la pluie
Quand trop c’est trop c’est qu’il n’y a plus rien à rompre
Je respire en un instant mon désir fout le camp
Tu m’as donné bien peu j’étais seul mon désir me tenait
Auprès de toi comme mât je hisse la voile je me barre.

« Je n’ai pas envie de faire l’amour tout court. Tu me manques TROP ! J’ai très envie de te revoir. Tes lettres me touchent. Veux-tu que l’on se revoie samedi ou dimanche ? Chez moi ? Pour une belle après-midi pleine d’amour. »

Moi si
Tout court tout long du nord au sud de ta couche
Vouloir un plaisir sans les plaisirs de l’amour
Est une impasse quand le désir d’amour est unilatéral
Je suis en difficulté chez toi où l’amour n’est qu’un râle
Le manque en ta présence est plus sensible que seul
Chez moi le désarroi de l’affamé devant le plat confisqué.

« Mon corps te réclame aussi. Et nous ferons l’amour après le café gâteau comme une sieste. Je comprends ce que tu ressens. J’ai écrit beaucoup d’idées qui prouvent à quel point je suis mal dans ma tête et dans mon corps. Ça peut se comprendre si tu réfléchis à tout se qui m’a perturbée durant cette période venant de toi et aussi des événements extérieurs à nous. Je suis d’accord il faut que les deux partenaires soient bien connectés et ressentent les mêmes désirs. Je ne peux pas tricher sur ce point. Je te demande de venir chez moi pour tout partager. En gros j’ai envie de t’aimer physiquement et moralement. Fais comme tu le sens. A demain peut-être. Baisers »

Le mien « réclame » aime-moi d’amour non de sexe !
Que donner que prendras-tu sans ressentir
Ne serait-ce qu’un peu d’amour pour moi ?
Que faire que devenir si tu ne partages pas
Tes plaisirs tes attentes un amour de toi
De moi un amour que tu tais
« Comme » je « je sens » non je ferai avec toi
Ton exclamation défit ton manque pépié
Comme le délire venant d’une fièvre
« En gros » j’en souris quand je te veux au détail.

« Je ressens le désir d’aimer et d’être aimée pour toi et par toi qui a manqué d’amour. J’en ai beaucoup à donner. Une sieste érotique et voluptueuse »

Attention aux illusions car comme moi
Tu as vécu d’amour manqué A en manquer
On en a peu à donner gare aux échappées
Aimons-nous avec ce que nous avons d’amour réel
C’est lui qui nous mène il faut le reconnaître
Du bout du nez taiseux il nous inspire l’Amour grand A

Grand A est la vérité de son mensonge
Il nous conte de belles histoires épouvantables
Chante à capella des rimes des vertes empoisonnées
C’est sa musique la voix des Sirènes
Aux musiciens sans partition tu fais ta Reine
Ulysse est en peine tu bouches tes oreilles
Quand j’en appelle à l’amour petit-a
Aux sons de ses passés non pour eux-mêmes
Mais pour un lien au présent de notre relation

J’entends tes connexions avec l’Amour grand A
En résonnance avec tes amours petit-a
Tes tas de petits tas qui ne sont pas marrants
A ignorer promettre qu’on ne sera plus marrons
Une sieste ne fera pas l’affaire
Tu voudrais t’endormir dans mes bras rêver
Tu te contenterais bien de quelques affections 
En amitié en amour mêmes modestes sont défection

Je nous veux éveillés pour faire pleinement l’amour
En promenades en peintures au lit en poésies
Mains dans la main en poèmes entre tes cuisses
De tes quelques mots communs tu n’en dis « rien »
Ni de tes soupirs tes gémissements le rose aux joues

Je te propose d’apprendre à te faire l’amour
Quand je plonge à te le faire j’y songe
Toi qui te dis sans l’expérience de ta bouche
Tu me refuses de tendres amoureux baisers
Tu vis penses sexe sans l’amour
Je ne crains pas ton manque d’expérience
Tes orgasmes inconnus je veux te prendre
Telle que tu deviendras c’est cela l’amour petit-a.

« Je ne peux pas répondre à ta lettre. Pour moi c’est un peu compliqué. J’attends de toi une réponse toute simple, oui je viens ou non je ne viens pas. Quelle que soit ta réponse, je l’accepterai. Si tu viens je réagirai comme je le sens pour les baisers. Si tu ne viens pas je comprendrai et je ferai ce qu’il faut pour oublier notre histoire »

Ah l’amour une simple complication à ne pas compliquer
C’est à faire comme tu « le sens » que tu fais sans amour
En quel sens je le sais je te vois dans un souffle
Dire non tête baissée toute habillée
Tu te dérobes à d’amoureux baisers
Doute de tout conseillait un vieux barbu à sa fille
Un philosophe de mes amis qui pensait contradictions
Je lève notre conversation car je peine sur un poème
Qui appelle concentration attention pour sa création.

« Moi aussi je pense à toi. J’ai été très souvent heureuse de te connaître. J’ai mal supporté notre dernière rencontre. Ta colère, à propos du téléphone notre énervement à tous les deux. Ton départ brutal. Puis l’histoire de ton passé que je trouve insupportable, tout cela m’a mis dans un tel état de stress que je n’ai pas pu surmonter. J’ai refusé de faire l’amour car j’étais complètement indisponible. Depuis, prendre un peu de distance m’a fait du bien. J’ai pris conscience que non seulement je n’ai pas envie de faire l’amour avec toi, mais je n’ai pas envie de faire l’amour tout court. Je pense que c’est mon accident qui en est responsable. Ceci explique mes hésitations, incertitudes. Je ne peux pas te demander d’attendre un hypothétique rétablissement qui peut demander encore beaucoup de temps. Bien sûr on peut rester amis, se voir pour des balades et partager nos goûts pour la création sans que tu montes chez moi. J’ai une grande affection pour toi. Est-ce une solution ? Je n’ai rien à dire de plus. De ton point de vue tu as sûrement raison. Je reconnais que j’ai tout compliqué. Pour ce soir je stoppe. »

Tu n’as rien à dire de toi hélas et pourtant tu causes
Quand tu affirmes que tu n’as rien à dire tu reconnais
Sans causes par une causerie avoir tout compliqué
Je t’enverrai ce soir une jolie lettre d’amour
Sans avoir besoin d’écrire à toute heure « je stoppe »

Ne compte pas sur moi pour te baiser Prendre tout
Ce que j’aurais à prendre de tes caresses trop peu
Mainstenues* me laver de ta personne puis me barrer
Plus ou moins repu tu trouveras un autre pour te servir
Je te propose l’amour-sexualité
L’énergie de toute création en amour en poésie
Soit tu mises sur le sexe rejeté mais sans amour
Soit sur l’amour-sexualité pour vivre
Tes besoins désirables du fait du premier
Mais pas sur les deux Seul le second est un gain
Quand le premier joue à perdre comme à la roulette

Écoute cette jolie histoire pleine d’enseignements à condition de savoir l’entendre la ruminer jusqu’à plus soif. Une femme au cœur de l’hiver (vois-tu la métaphore ?) appelle un chauffagiste pour cause de panne de sa chaudière (idem). Le chauffagiste toujours à chaud de ses compétences (idem) de son goût pour son métier utile à d’autres (idem) l’examine quelques secondes manipule un ou deux boutons ouvre sa boîte à outil en sort un marteau donne un seul coup à un seul endroit (idem) : la chaudière fonctionne bien à propos en ces temps d’hiver. La femme contente lui demande combien elle lui doit : « 150 euros répond le chauffagiste ». Outrée plus contente du tout elle manifeste sa colère : « comment 150 euros pour une ou deux minutes passées ici pour un pauvre coup de marteau c’est inadmissible c’est du vol » (idem) ! Le chauffagiste tout tranquille encore chaud de sa compétence assurée (idem) répond : « Oui Madame une minute pour savoir que je devais donner un coup de marteau au bon endroit ; des années d’apprentissages d’expérience pour le coup à cet endroit-là à la bonne dose. ».

« Coucou tu as été impitoyable toute la journée. J’ai passé une horrible journée. Trop de malentendus et d’incompréhensions. Alors je ne t’appellerai pas demain matin, c’est cassé et ce n’est pas réparable. ADIEU »

Tu n’entends « rien » de cette belle histoire plutôt trop bien
Tu n’en fais « rien » trop mal c’est trop bien tu t’abstiens
Quand on n’aime personne on va en toute tranquillité
« Impitoyable » ? Fichtre avec mes lettres d’amour
Quel renversement un inédit inouï ta vérité


Tu n’en dis « rien » tu qualifies ta journée d’horrible
Pour moi instructive une occasion d’explorer au crible 
Encore et encore le nom de l’amour petit-a
Je pensais mes lettres riches de choses différentes
Autant de perches pour naviguer mais tu t’en sers
Pour te noyer tu me disais vouloir m’aimer seulement
Quelques heures avant de me dire « ADIEU »
En majuscules que de contradictions en minuscules
Tu es impitoyable envers toi-même Pour saper
L’amour que je te porte une offre qui n’est pas Un
Coup de trique faut-il que tu te fasses bourrique
En amour est-ce là ton éthique ?

« Ce petit mot va te paraître incohérent et incroyable. Seulement voilà, je craque du manque de toi. Là c’est mon cœur que j’écoute. Je crois qu’il faut qu’on se revoie !  Pour se donner une chance de poursuivre notre histoire. Telle qu’elle devrait être. J’aimerais te voir Dimanche chez moi pour t’aimer, faire l’amour je m’y engage et passer une belle journée. Je comprendrai si tu refuses. »

Je pense à toi au terme d’une matinée
J’en bave je prends récréation
D’un projet de poème complexe
Tu t‘engages à faire l’amour sans d’amoureux baisers
Quand les baisers fondent l’amour je fonds
Mais laissé seul devant tes plats écrits
Sans suites réelles en chair intellectuelles
Avec tes vérités d’amour tu te mens.

« Ta lettre me décourage une fois de plus, tu écris très bien tout ce qui te déplaît en moi, mes réactions tout ce que tu n’aimes pas. Mes sentiments pour toi sont en dégringolade. Pourquoi tiens-tu à moi si je te déplais ? Ta façon de tout exiger en amour n’est pas la mienne. J’ai vraiment besoin de prendre des distances. »

Tu ne sais pas lire Toutes mes lettres sont d’amour
Tous mes poèmes sans exception Les écrire
Est amour tu n’en dis « rien » quand je m’écris*
Je t’aime quand je te vois belle toute nue
Et tout le reste tu me tais d’un réel déni
Et tu craques du manque de moi ?
Tes lettres fuient mes poèmes
Tu te fais absente grâce à ton quotidien

Tu m’invites pour quoi pour un lapin
Pour jouer la casse-noix ?
Tes sentiments sont loin du cœur
Dans ta tête abstraite de ton corps
Tu ne craques pas du manque
Mais de solitude et d’isolement
Tu veux un homme à la maison
Une épaule pour te soutenir
Un utile à terre
« Notre histoire telle qu’elle devrait être »
Dit bien ce qu’elle n’est pas je suis d’accord

Mes sentiments ne tombent pas
Les voir en escalade sur la paroi
De l’amour encordés forment mon dialogue
Ta « dégringolade » est à son pied
Je t’écris au piolet de mon amour
Plante des pitons pour ma sécurité
Enfile des mousquetons que tu délaisses
Au pied de la paroi l’amour est exigeant
Tu vis de troublantes certitudes
Tes assurances tes « distances »
Au pied de la montagne sont tes pré-voyances*.

« T’inviter pour t’aimer et passer une belle journée. Il faut effacer tout ce qui a été dit. Incohérente car j’ai conscience d’avoir tout mélangé. Je ne peux pas répéter pourquoi je ne te réponds pas, tu as oublié. Principalement pour ne pas que ma fille lise un jour nos conversations. Parce que ce qui est écrit reste. Tu m’as proposé de me créer un nouveau compte avec un mot de passe, j’aurais pu te répondre en toute liberté et dissiper tous les malentendus. Je suis nettement fragilisée depuis mon accident en proie à des doutes sur moi-même d’où mes incohérences. Je rajoute à cela que je préfère le téléphone car les paroles ne restent pas, cela me rassure. J’espère que tout cela va te faire réfléchir dans un sens positif car moi aussi j’en ai assez de tous ces malentendus. Je trouve que tes dernières lettres sont cruelles, je préfère les oublier. »

Effacer yeux fermés il vaut mieux
L’œil ouvert ferait courir le risque
D’une relecture de l’ancien du vieux
Oublier le passé y fait penser
Tu avances des prétextes tu les listes
Ce n’est pas toi qui n’aimes pas
Ce sont les autres qui t’occupent trop
Tu souffres d’un détournement d’amour

Tu ne peux m’écrire à cause de tes occupations
Tu écris bien tes mots de la quotidienneté
Pas ceux de l’amour à leur place
Autant de justifications en veux-tu en voilà
Tu « préfères » le téléphone portable sans portée
« Les paroles ne restent pas » mais elles tonnent
Loin de l’amour imprononcé défait
Cela te « rassure » une assurance d’automne
Une saison cruelle avant l’hiver à oublier.

« Merci de m’avoir répondu. Je vais prendre le temps de lire et relire ta lettre. J’y répondrais demain dans l’après-midi. Bonne nuit mon cœur. »

Endors-toi vite
Dors bien du sommeil
Profond des oublis.

« Je ne suis ni froide, ni frigide ni indifférente et j’en ai gros sur le cœur pour ce que tu peux penser de moi. J’ai envie de t’aimer, tu as une personnalité attachante et originale. Une imagination débordante pour trouver des mots de toutes sortes qui deviennent de véritables perles. Si tu savais combien ça m’a aidée de communiquer avec toi pendant mon séjour chez ma fille. Je m’évadais et redevenais libre quand je t’écrivais et que tu m’écrivais. Je comprends ta colère. Prends du repos. Il ne faut pas passer à côté de notre histoire. J’espère une réponse. Je voudrais que tu redeviennes celui que je peux aimer. Je ne veux plus te perdre. Chez tous les couples il y a des passages négatifs avec des doutes et des découragements, des incertitudes, des disputes. Il faut tout cela pour construire quelque chose de solide. Comme une belle architecture. J’ai encore très envie de sentir tes mains douces sur mon corps et te caresser jusqu’à être repus de partage. Est-ce une lettre d’amour ? »

Tu vis l’Amour grand A tu l’imagines ainsi
Par quelques mots jetés à la va-vite
Muette sans paroles sans un frôlement
Une bise sur la joue un bras autour du cou
Tu montes sans le Chevalier pour sa Princesse
Endormie tu t’endors sur tes lauriers du non-amour
A notre époque l’Amour grand A semeur*
Le petit-a courre toujours insu dérisoire

Hier tu en appelais à ta fille son mari
A leurs amis à un cheval sans harnais
Aujourd’hui c’est le plombier ta voisine
Tes amis sur Faceboucs* même l’amitié patine
N’a plus de faces sans piles pour l’amour
Très occupée par tes courses tes repas la télé 
L’amour noyé dans ta quotidienneté
Je corrige tes erreurs qui ne sont pas des fautes
D’orthographe mais d’amour de lettres
Liquidées en quelques minutes je poireaute
« Si tu savais » je n’ai rien su tu t’évadais 
Sans confidences tu m’inventes
Une colère sans me questionner
Par quel pouvoir magique
Quand coulent mes larmes sans mouchoir

« Il ne faut pas passer à côté de notre histoire »
Notre histoire est celle racontée dans ce poème
J’en fais partie « notre » est la tienne tu y tiens
A y passer je trépasse avec mes soucis
D’amour qui ne sont pas les tiens tu passes

« Je voudrais que tu redeviennes celui que je peux aimer »
Quelle trouvaille sans définition tu m’imagines
Autrement que ce que je suis deviens au point
De ne plus vouloir me perdre pourtant perdu
Dans ta tête un être créé qui ne vit pas Tu veux
Que je devienne une fiction inaperçue
Détachée de mes réalités en poésies
Ta fiction dit un autre monde sans nom
Des mots abstraits sans engagements en l’air
Une consommation de lettres de l’alphabet

A la privée de lettres d’amour
Tu me demandes si ta lettre en est Une
Saillante question tu ne lis pas les miennes

J’aime mon chien ma fille ma maison
Le camembert et Picasso les canassons
Écouter du jazz fabriquer des images
J’aime m’endormir les petits oiseaux
Dieu autant que tes messages j’en passe…
Une conjugaison d’aimer qui ne dit rien en soi
Comme sa négation si elle n’est pas pour soi
Pour l’autre en de multiples déclinaisons
En couleurs en noir et blanc en nuances
Tes affirmations sont impersonnelles
Loin de contenus d’intimité des passe-partout.

« Ma fille est partie, nous avons été manger chez Léon de Bruxelles, et me voici chez moi. Je retrouve ma liberté et ma solitude. Et je suis toute à toi en tapant sur ma tablette. Mon amour pour toi existe. Que dire de lui ? J’en prends conscience car je pense tout le temps à toi. Et je ressens un manque de toi évident. Je suis attirée par toi, tu m’as aimantée. Si je t’invite à la maison ce n’est pas pour te repousser comme la dernière fois (ce jour-là j’ai été victime de mes émotions que je n’ai pas pu contrôler). Je te demande de venir car je ressens un besoin d’amour avec toi, et donc un désir besoin de faire l’amour avec toi. OUI ! C vrai. Je suis franche et honnête même si les apparences sont contre moi. Moi aussi je veux de l’amour, tous les plaisirs possibles, et jouir du plaisir de partager tout cela avec toi et toi seul. Même si je ne peux pas aller jusqu’au bout de mon orgasme. Te faire jouir est un plaisir qui prouve que je suis une femme attentive et aimante. J’aime quand tu me prends dans tes bras et que tu me serres contre toi. A ce moment-là je sens une connexion profonde. Cela m’envahit et je voudrais que ça dure toujours. »

L’amour petit-a ça la fout mal quelle horreur
Dire « je t’aime mollement » est imprononçable
Même si ça se sent on dira à l’entourage « je l’aime »
Sans qualificatif ce serait excessif 
A son ami-e intime s’iel existe on confiera
Ses soucis sans crainte de ne rien perdre Gare
Quand mieux vaut l’ami-e que son amoureux

C’est exactement cela l’amour petit-a mais chute* 
« Je t’aime » passe-moi le sel si j’ose dire
Ca suffit bien mieux que de se taire de n’en rien faire
Rétorquer prends-le toi-même en dit long sur le sel
C’est un peu l’esprit et la lettre de ta lettre
Tu es « toute » à moi « en tapant sur (ta) tablette »
La belle affaire

« Que dire de lui ? » une question sans suite
Penser à moi « tout le temps » « un manque »
« Attirée » je t’ai « aimantée » un joli mot à aimer
Parlent de toi c’est heureux pas de ton amour
« Victime de tes émotions » surtout celles du non-amour
Que tu « contrôles » très bien pour ne pas les dire
En lâcher d’autres comme par hasard de désamour
Comme leurs fonds les apparences sont avec toi

Tu « veux de l’amour tous les plaisirs possibles »
Lesquels pour qui quand tu me refuses ta bouche ?
Tu « sens une connexion profonde » quand
Je te sers* tout contre moi je comprends
Tu « voudrais que ça dure toujours »
Pas moi !


Je lis en tout une lettre-coquille vide un contenant
De messages « sans » contenus très sages
Comme ceux de chez toi j’en accepte l’augure
Puisqu’ainsi va l’amour petit-a.

« Me revoilà, pour te parler de moi et tenter de répondre à une ou deux de tes questions. Jouir dans ma bouche, pour cela il faut que nos sentiments et nos rapports intimes se développent de telle sorte que je puisse accepter. Je n’ai pas encore de réponse. J’imagine que je pourrais avaler ton sperme là je n’ai pas de réponse. Nous verrons comment notre relation évolue. Quant aux baisers profonds je n’ai rien contre. Mais je voudrais être sûre que mon mal de dents actuel ne présente pas de risque pour toi. Je vois le dentiste mardi 23, j’espère qu’il pourra me soigner me rassurer. J’aime les baisers je suis sensuelle, ça tu l’as bien compris. Je suis aussi une femme qui a refoulé tous ses désirs de sexe depuis des années devant la difficulté celle de ne pas pouvoir être pénétré par les hommes que j’aime et celle d’avoir à accepter ma sexualité non satisfaite, cela durant toute une vie. Peut-être que tout cela pourra se réparer grâce à toi on ne peut pas savoir. Je trouve beaucoup de plaisir dans le contact physique dans tes caresses. Je crois que nous pourrons trouver beaucoup de plaisir en nous aimant avec nos corps et nos sentiments. Si tu as d’autres questions j’y répondrai. Ma personnalité s’est construite autour de tout cela. En deux mots j’accepte et je résiste avec force et volonté. Ceci dit j’ai vécu plein de petit bonheur ce qui fait de moi une femme gaie et heureuse de vivre. Je lis tes lettres même quand je ne réponds pas. Des baisers mon amour. »

Après avoir lu cette lettre je me suis dit bizarre
Fatigué de retour sous la couette j’ai pensé Jouvet
A l’entame de ta phrase « Jouir dans ma bouche
J’ai ressenti une sorte d’étrangeté
Sans pouvoir la saisir d’emblée
J’ai pris le temps de la relire comme ses suites
Je suis un étranger malgré mes lettres-poèmes
Ma présence amoureuse

Tu passes de toi « ma bouche » à nous
« Nos sentiments nos rapports » pour revenir à toi
« Que je puisse accepter » finir par
« Nous verrons… » La porte est close
Mes écritures n’existent pas J’ai hasardé
Le thème de la fellation j’en ai parlé comme me loger
Entre tes cuisses à découvrir je m’y suis rendu
Bien sûr tu peux écrire tranquillement « nos »
Quand depuis des mois je t’écris mes attentes
Jouir dans ta bouche comme baisers donnés
Sont silenciés – Serais-je une femme ?
Et puisqu’il s’agit de « nos sentiments » comme si « nos »
Ne faisait qu’un tu ne confies « rien » des tiens
« Je n’ai pas encore de réponse » logique oblige

Envoyées mes lettres se perdent
Dans le néant de tes silences
Les tiennes étranges détachées
Des miennes sans liens sans rapports
Elles vivent leur existence
En toute autonomie seules
Isolées là où vont mes adresses
Sans être lectrice absente
Sans interlocutrice voilà ta présence
« Il n’y a pas de rapport sexuel »
A osé affirmer un Illustre
Je conteste ce lustre à moins
Que par toi je le consacre

En une phrase principale associée à trois autres
Dont « Nous verrons comment notre relation évolue »
Tu règles la question par cette conclusion implacable
Dans ta logique persistante aucun mot sur ton désir
« J’accepte et je résiste avec force et volonté »
Peut-être que tout cela pourra se réparer
Grâce à toi on ne peut pas savoir »
Tu te perds tout ce que j’écris est perdition
Je vis je sais avoir trop peu d’amour
A cause de n’en avoir pas reçu Je le donne
A celles qui comme moi désireront le recevoir
Je cueillerais le leur en bouquet ou au détail

Je n’oublie pas l’amour petit-a à petits pas
Aussi petits mini-maxi prendre un taxi
Ne me revient pas pour acheter
Un microscope ce ne serait pas un scoop
C’est là la limite de mon petit-a
A petits pas acquis au long cours
A tenir qui fait les grands pas
Sans amour il faut en finir avec l’Amour
Non pas d’aimer l’amour

Il suffirait de peu beaucoup pour toi
De quelques respirations sans incantations
Deux vers stupides de plus sans rimes
Pour découvrir que l’amour n’est pas danger
Qu’il est la source de plaisirs en amour
En tous points tous coins quand il pointe
Quel qu’il soit comme il est amour petit-a
Quelques questions une curiosité à poser
Mais sans discussion à inaugurer
Je me brise sur tes clichés tes rochers
Envahis d’embruns sans prendre mes perches
Tu as érodé mon désir mon amour pour toi
Mes lettres-poèmes m’engageaient En partant
Je répare je me panse commence mon deuil
Ainsi finit l’amour petit-a quel qu’il soit.

FIN


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